Réaction de la FGTB au rapport de la BNB

mercredi, 15 février 2012

 

Rapport de la Banque nationale de Belgique : réaction de Rudy De Leeuw, président de la FGTB

 

"Comme c’est la tradition, le rapport de la Banque nationale analyse les évolutions socio-économiques en fonction des priorités de la Banque centrale européenne : stabilité des prix, discipline budgétaire et modération salariale. Bref, ce rapport reflète une approche purement monétaire.

 

Bien que le rapport de la BNB soit, en soi, un document porté avant tout par le Gouverneur et la direction de la BNB, nous avons été particulièrement attentifs aux passages éventuels qui impliqueraient une immixtion inappropriée dans l’autonomie de la concertation sociale ou qui ne seraient pas suffisamment clairs par rapport au rôle du secteur financier dans l’éclatement de la crise de l’euro.

 

Bien qu’il ait été tenu compte de certaines de nos remarques et qu’il ait notamment été signalé clairement que dans les chiffres qui comparent l’évolution salariale belge avec celle des pays voisins, il n’est pas tenu compte des subsides salariaux, l’introduction présentait malgré tout des éléments que je n’ai pas pu approuver.

 

Ainsi, il n’est pas souligné assez clairement qu’il y a un lien entre le rôle du secteur bancaire, qui n’est pas suffisamment régulé par rapport à l’apparition de bulles (notamment dans le secteur immobilier) dans certains pays européens, et les déficits budgétaires croissant auxquels ces pays sont confrontés.

 

Le rapport contient aussi un passage sans nuances dans lequel la réforme des pensions est considérée comme un important pas en avant pour l’emploi des 55+. C’est un peu court pour une réforme qui est en grande partie subie par les travailleurs et qui, jusqu’à présent, n’est pas suffisamment encadrée par un ensemble de mesures positives (conditions de travail adaptées, opportunités en termes de formation, politique d’embauche encourageante par les employeurs…).

 

Le rapport dit aussi assez crûment que la loi de 1996 doit être appliquée de façon stricte. Ce que cela implique exactement n’est pas clair et il revient avant tout aux partenaires sociaux de convenir d’accords salariaux, surtout dans une année où les négociations interprofessionnelles pour un nouvel AIP doivent être entamées.

 

C’est pourquoi, je me suis abstenu sur ces points."

 

Rudy De Leeuw