Retour

Accord de Paris : historique mais pas suffisant

Accord de Paris sur le climat : historique mais pas suffisant


L'accord de Paris est le premier accord universel sur le climat. Alors que Kyoto ne concernait que cer-tains pays industrialisés, l'accord de Paris a été accepté par les 195 pays membres de l'ONU. L’objectif d’atteindre les 2°C est inscrit dans l’accord et laisse une porte ouverte pour atteindre l’objectif des 1.5°C. Il doit désormais être ratifié par les parlements nationaux.

 

Un premier pas vers le changement

Pour la FGTB, l’accord de Paris est un signal fort que le « business as usual » n’est plus une option. Le système capitaliste basé sur le profit et le court terme met en péril la survie de la Planète.


Il est indispensable selon la FGTB d’opérer un changement de paradigme vers une société neutre en carbone qui intègre les priorités et les intérêts des travailleurs. L’Accord de Paris, décevant dans la non remise en cause d’un système voué à la faillite, peut toutefois constituer un premier pas pour réorienter le modèle de développement. Mais il est urgent, dans le chef des politiques et des multinationales de passer des paroles aux actes !


La Transition Juste, basé sur le dialogue social, des investissements durables, des emplois de qualités, de la formation-reconversion, le respect des droits humains et des travailleurs et enfin une sécurité sociale forte, doit constituer la clé de voûte de cet élan vers une révolution durable de notre planète.


L’accord de Paris

Les Etats s'engagent à maintenir le réchauffement sous les 2°C et à produire des efforts pour le contenir à 1,5°C. Le GIEC est chargé de rédiger un rapport sur cet objectif des 1.5°C.


L’accord de Paris confirme l’engagement pris en 2009 à Copenhague selon lequel les pays développés fourniront à partir de 2020, 100 milliards de dollars par an pour aider les pays en développement à limiter leurs émissions et à s’adapter aux conséquences du réchauffement. Ce montant sera revu à la hausse à partir de 2025.


Le pic des émissions doit être atteint très rapidement afin de commencer ensuite à l'infléchir. A partir de 2050, il faudra atteindre un équilibre entre les émissions produites et la capacité d’absorption du CO2 par la planète.


Avant Paris, les Etats s’étaient engagés dans des objectifs nationaux de réduction afin d’atteindre l’objectif de 2°C. Ces efforts sont toutefois largement insuffisants puisque dans l’état actuel des engagements, le réchauffement atteindrait 3°C. Un processus de révision à la hausse de ces engagements nationaux est toutefois prévu tous les 5 ans, à partir de 2023.


Pas de marche arrière possible

Une nouvelle stratégie a été mise en place afin de parvenir à un accord. Celle-ci consistait à demander aux pays individuellement de faire part des objectifs qu’ils étaient prêts à atteindre en terme de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. Celle-ci s’est avérée payante, même si au final, les efforts étaient globalement insuffisants. Les Parties ne peuvent toutefois plus se dédouaner. De plus, l’accord prévoit que ces objectifs ne peuvent être revus que à la hausse. Il n'est pas possible de faire marche arrière.


Transition juste

Concernant la Transition Juste et l’intégration des préoccupations de travailleurs dans le contexte de la lutte contre les changements climatiques, c’est une semi-déception pour les syndicats. Seul le préambule de l'accord stipule que les impératifs de la transition juste doivent être pris en compte.


Ceci peut servir de point d’ancrage pour le monde syndical afin de pousser les gouvernements à prendre des mesures de lutte contre les changements climatiques qui prennent en considération les préoccupations des travailleurs, mais cela aurait eu une portée bien plus grande si la Transition Juste avait été intégrée à la partie opérationnelle du texte d'accord.


Engagements financiers

Sur les engagements financiers (100 milliards par an à partir de 2020), l’objectif est maintenu. L'engagement ne se trouve toutefois pas dans l’accord en tant que tel, certains pays arguant que cela leur était impossible juridiquement de le mentionner dans un traité. C’est donc un texte qui accompagne l’accord qui règle la question du financement, ce qui en affaiblit sa portée.


Les syndicats vigilants

L’Accord marque des avancées intéressantes. Parce qu’il existe et parce qu’il rejoint la plupart de nos revendications.
Paris n’est qu’une étape. Un point de départ. Il reste énormément à faire. C’est une dynamique qui doit inciter les Parties à augmenter leurs efforts et à mettre en œuvre les politiques ad hoc. L’engagement et la vigilance des syndicats doivent rester extrêmement élevés.


L’Accord de Paris doit pousser la Belgique à prendre des mesures, en commençant par établir un plan national de transition vers une économie bas carbone, concerté avec les représentants des travailleurs.


Dans ce cadre, il est temps que la Belgique entame le dialogue pour une Vision et un Pacte énergétique comme la Ministre de l’énergie s’est engagée à le faire. A développer une politique d’investissements dans des projets durables qui favorisent cette transition juste, vers une société bas carbone, comme par exemple dans les transports en commun : la décision du Gouvernement Michel de réduire la dotation de la SNCB de près de 3 milliards d’€ va clairement à l’encontre de ces engagements repris dans l’Accord de Paris.