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Comité Europe FGTB

La FGTB a tenu son Comité fédéral sur l'Europe

 

La FGTB se réunissait aujourd’hui pour un comité fédéral sur l’Europe, un mois avant la manifestation européenne du 4 avril qui dénonce le dumping social et propose un plan européen d’investissement.

 

En bref

La FGTB se réunissait aujourd’hui pour un comité fédéral sur l’Europe, un mois avant la manifestation européenne du 4 avril qui dira stop au dumping social et stop à l'austérité.

Au programme de la journée, deux panels : le premier a permis d'entendre des témoignages concrets relatifs au dumping social dans différents secteurs, tels que le transport, la poste ou la construction. Le second panel s'est attardé sur le plan d’investissement de la CES, la politique industrielle européenne et la problématique REFIT. 

Patrick Itschert, secrétaire général adjoint de la CES, est également intervenu lors de cette journée de débat afin de souligner l'importance de l'Europe et du vote aux élections européennes.

 

En savoir +

Dumping social

« Certains volaient pour manger »

Manuel est charpentier dans le bâtiment et délégué de la Centrale Générale FGTB. Il a émigré de son Portugal natal en 2005. Là-bas, la situation était devenue difficile, il a donc tenté l’aventure sur un gros chantier en Espagne. Logés à 18 dans une maison pourvue de 6 lits, lui et ses collègues n'avaient même pas de vêtements de travail. Après 3 mois, plus personne ne percevait de salaire. Après 6 mois, avec 8 collègues, ils prennent la camionnette du chantier et s’en retournent au Portugal sans le sou.
 

Aujourd'hui, en Belgique, il rencontre des collègues portugais qui travaillent dans les mêmes conditions que celles qu'il a vécu en Espagne.

 


« Les routiers, des esclaves modernes »

Tom Peeters, permanent de la FGTB Transport UBT, rencontre régulièrement des chauffeurs d’Europe de l’Est qui sont employés dans notre pays par des entreprises belges, tout en travaillant selon les conditions de travail et de salaire de l’Europe de l’Est.


“J’ai rencontré Pavel sur le parking d’une entreprise de transport à Temse. Il était arrivé la veille de Slovaquie. Peu avant son départ, il avait signé un contrat chez Incofin, une agence intérimaire slovaque détenue par un Belge. Incofin loue Pavel à une société de transport slovaque qui n’est qu’une boîte aux lettres, détenue elle aussi par des Belges. Cette société détache Pavel à la société belge de Temse. » Pavel effectue des missions de transport pour le compte du transporteur belge au Benelux, en France et en Allemagne. Jamais en Slovaquie. Il part chaque fois pour 6 semaines, laissant chez lui sa femme et ses enfants, pour leur donner un meilleur avenir. Ici, Pavel gagne 5 fois plus que dans son pays. On ne peut pas le lui reprocher. Il est conscient d’être victime d’une spirale descendante.


Dans les services publics aussi

Le dumping social et salarial existe également dans les secteurs où l’on s’y attend le moins. Du côté de la CGSP, on dénonce également les pratiques déloyales. Michel Meyer, Vice-président, fait le point : « Les secteurs qui sont les plus touchés sont ceux qui sont libéralisés, en tout ou en partie, comme la Poste, Belgacom ou la SNCB.»


C’est surtout du côté de la Poste que des cas de dumping ont été constatés, et plus précisément dans la distribution des journaux. « Ce marché a été totalement libéralisé. Dans certaines régions, ce sont des indépendants qui s’en occupent, voire de faux-indépendants. Lorsque la loi sur la libéralisation a été entérinée, le front commun a mis la pression pour que des clauses sociales y soient inclues. C’est suite à cela qu’il a été décidé que pour la distribution du courrier « adressé », un contrat de travail soit obligatoirement conclu entre le distributeur et celui qui donne l’ordre. Et cela fonctionne. Beaucoup d’entreprises se sont retirées suite à cela car cela devenait nettement moins intéressant. »


Pour Michel Meyer, la mise en concurrence des services publics et l’attribution des marchés doit se faire sur la base de la qualité et non des coûts. Dans ce genre de service on ne peut absolument pas se baser sur les coûts salariaux, si l’on veut que les services restent appréciés et les entreprises bien ancrées dans le paysage des Belges. »

 

Les revendications de la FGTB

Anne Demelenne a porté un message de solidarité vis-à-vis des travailleurs confrontés au dumping social, et a fait part des revendications de la FGTB pour lutter contre le dumping social :

  • l'adoption d'une clause de progrès social dans les traités ;
  • la mise en place d'un salaire minimum dans chaque pays européen ;
  • la mise en place d'un Europol social pour permettre la transparence et la collaboration entre les services d'inspection des Etats membres.

 
Plus d'infos sur le dumping social


Plan d’investissement de la CES et politique industrielle

Une nouvelle voie pour l'Europe

Tant au niveau belge qu'au niveau européen, le constat d'échec des politiques d'austérité s'impose : explosion des inégalités sociales, du chômage et du travail précaire.Seule une politique d'investissements massifs dans l'économie réelle pourra sortir l'Europe du marasme social dans lequel elle se trouve. C'est pourquoi, les syndicats européens proposent un plan d'investissements en Europe.

 

 

Anne Demelenne a rappelé l'importance d'intégrer les préoccupations sectorielles et un suivi au travers des fédérations syndicales européennes, ainsi qu'un contrôle démocratique sur la gestion du plan d'investissement européen. Elle a également souligner la nécessité de mettre en place une solidarité entre Etats membres : ce plan doit soutenir les pays et les régions les plus touchés par la crise et le chômage.

 

Politique industrielle européenne

Bart Samyn, Secrétaire général adjoint d'IndustriAll European Trade Union, Jan Willem Goudriaan, Secrétaire général adjoint d'EPSU et Oliver Röthing, Secrétaire régional d'UNI Europa ont témoigné sur la politique industrielle en Europe. 
 

Les participants ont, notamment, rappeler l'importance de lutter contre le programme REFIT de la Commission européenne qui vise à détricoter les acquis sociaux des travailleurs en Europe.


 Tout savoir sur la campagne Rethink REFIT

 Signez la pétition contre REFIT

 

"Il faut redémocratiser l'Europe"

Patrick Itschert, secrétaire général adjoint de la CES, a rappelé l'importance de voter aux élections européennes, qui permet d'élire les membres du Parlement européen, un organe démocratique qui participe à l'élaboration des directives.


Il a pointé du doigt le grand déficit en matière de recherche et développement au niveau européen, qui ne permet pas à nos entreprises d’être compétitives. Pour Patrick Itschert, l’Europe n’est pas le problème, mais bien les personnes qui la gouvernent pour l’instant, qui préfèrent sabrer dans les services publics, faire pression sur les salaires et mener des politiques d’austérité aveugles. « Il est urgent de changer de cap ! »