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Coupe du monde 2022 : plus de morts sur les chantiers que de joueurs dans les stades ?

Coupe du monde 2022 : plus de morts sur les chantiers que de joueurs dans les stades ?

 

Le Qatar ne respecte pas ses engagements en matière de droits fondamentaux et permet l’esclavagisme de milliers de travailleurs sur les chantiers des futures infrastructures de la coupe du monde de football de 2022. La « Coalition travail décent » (syndicats et ONG belges) a dénoncé les conditions de travail indécentes au Qatar par un match de football symbolique devant le Stade Roi Baudouin ce lundi 7 octobre, journée mondiale du travail décent. Les organisations ont ensuite rendu visite au président de l’Union belge de football qui a dit soutenir l’action de la coalition. Il s’est par ailleurs engagé à écrire à la FIFA et a appelé les diables rouges à signer les tee-shirts Don’t play with the workers de la « Coalition pour le travail décent ».


Les organisations membres de la « Coalition travail décent » s’interrogent sur la pertinence du choix du Qatar comme pays d’accueil de la coupe du monde et lancent un cri d’alarme aux diables rouges, aux supporters, au gouvernement et aux investisseurs belges.


Aux diables rouges, qui représentent et incarnent les valeurs de la Belgique, les organisations leur demandent d’adresser, avec l’Union belge de football, un message clair à la FIFA : le Qatar doit respecter les droits fondamentaux des travailleurs, ou la FIFA doit revoter et attribuer le Mondial 2022 à un autre pays.


Aux supporters, elles demandent de signer la pétition mondiale www.rerunthevote.org avant les matchs contre la Croatie et le Pays de Galle.


Au gouvernement belge, elles demandent de faire respecter, par les investisseurs belges au Qatar et le gouvernement qatari, le traité censé promouvoir les normes fondamentales du travail, dont l’élimination du travail forcé. Si cela s’avère inefficace, la coalition exige un texte renforcé au service des droits humains des travailleurs.


Aux investisseurs belges présents au Qatar (en particulier aux entreprises ayant remporté des contrats de plusieurs dizaines de millions de dollars), elles demandent la garantie que les chantiers sur lesquels leurs hommes travaillent ne sont pas le théâtre de pratiques esclavagistes.


Pour rappel, près de 1.2 million de travailleurs migrants gagnent 142 € par mois contre 5.185 € en moyenne pour quelques 250.000 Qataris. Les migrants du bâtiment sont cloîtrés dans des campements isolés et interdits d’accès aux magasins et autres lieux publics. Pour 86% d’entre eux, c’est l’employeur qui détient leur passeport et ils ne peuvent pas changer d’emploi sans son aval. Leur départ, même pour cause d’abus, est passible de prison ou de déportation.