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Décembre est un mois de cadeaux: chaque emploi contribue-t-il équitablement ?

Décembre est un mois de cadeaux: chaque emploi contribue-t-il équitablement ?

Le mois de décembre arrivé, nous nous précipitons tous à la recherche de cadeaux pour nos proches. Et pendant que nous arpentons les marchés de Noël, les patrons profitent du marché du travail. Pour eux, Noël tombe tous les mois. Des privilèges dont ils disposent sans pour autant le rendre à la société.

Pour nous, c’est une évidence : tous les emplois doivent contribuer à notre sécurité sociale et donner droit à la protection sociale. Pourtant, les emplois flexibles, secondaires ou étudiants ne cessent de croître. Des emplois bons marchés qui permettent aux entreprises de faire des économies, souvent au détriment de la sécurité sociale. En octobre 2019, il y avait 181.075 jobs étudiants. Au troisième trimestre 2019, le nombre de flexi-jobs est arrivé à 66.669.

« C'est précisément de cette manière que les cadeaux pour les employeurs se sont accumulés ces dernières années », annonce le secrétaire fédéral de la FGTB, Raf De Weerdt.

Ces dernières semaines, nous avons lu de nombreux rapports sur le déficit de la sécurité sociale. L'augmentation des dépenses dans les pensions et les soins de santé est invariablement signalée. Mais rarement, il est signalé le manque de financement dû à ces jobs alternatifs qui ne comportent peu voire pas du tout de cotisations sociales.

Pour faire court : il faut que le nombre de ces emplois sans cotisations sociales diminue. Ces mesures sont bonnes pour quelques-uns, pas pour tous.

Un gouvernement généreux?

Le gouvernement précédent a creusé un véritable fossé entre les différents acteurs sociaux. Raf De Weerdt: «Début 2016, le gouvernement Michel a mis en place un dispositif permettant à tous ceux qui travaillent en 4/5e et moins, de prendre un petit emploi dans l'hôtellerie ou d'autres secteurs. Des emplois qui ne participent que très peu à la sécurité sociale. De plus, ils ne sont pas du tout une solution pour les chômeurs, car un flexi-job ne leur est pas accessible. "

En février 2019, la Cour des Comptes a déclaré que le gouvernement avait élargi le système sans réfléchir. Elle a conclu que 35% des flexi-jobs ne sont pas de nouveaux emplois. De nombreux employés composent (ou sont tenus de composer) un temps-plein avec un 4/5e et un flexi-jobs. Et en attendant, les revenus de la sécurité sociale diminuent.

Marché de Noël, vin chaud et friandises

La politique «jobs-jobs-jobs» était avant tout une politique de précarité-précarité-précarité, destinée à ceux qui ont déjà du travail, chez les étudiants, chez les retraités. "Travailler à moitié donc", explique R. De Weerdt. «Pour certains, cet emploi secondaire est un emploi principal. Et cela a des conséquences qui ne sont pas sans danger. Qu'en est-il de la construction des droits de sécurité sociale ? Application du salaire minimum ? Qu'en est-il de la protection du droit du travail ? Ces gens sont complètement exclus des conventions. "

En ce mois de cadeaux, les marchés de Noël fleurissent dans ce pays. Il faut croire que les employeurs prennent le marché du travail pour quelque chose de similaire. Les statuts exonérant se répandent autant que les échoppes de marrons chauds : travail étudiant, flexi-jobs, emplois secondaires, régime de faveur, etc.

Cela sape les revenus de la sécurité sociale. Le vin chaud à outrance, c’est mauvais pour la santé. Comme le sont ces mesures pour la santé de notre société.