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Examen d’entrée en médecine et dentisterie

Faut-il être riche et de bonne famille pour devenir un bon praticien ?

 

Suite à la proposition du sénateur MR, Jacques Brotchi, d’instaurer un examen à l’entrée des études de médecine et de dentisterie, les Jeunes FGTB tiennent à réaffirmer leur opposition à toute forme de limitation d’accès aux études.

 

Derrière la "préoccupation" de conserver la "qualité" de l’enseignement et de limiter le nombre de praticiens (ce qui est pour le moins délirant dans un contexte de pénurie avérée de médecins), l’instauration d’un examen d’entrée se révèle être en fait une mesure dont le résultat le plus efficace sera de sélectionner les étudiants sur base de leurs origines sociales! Plutôt que de proposer des mesures pour éradiquer l’échec massif dans l’enseignement supérieur – un indicateur révélateur de la "qualité" de notre enseignement, le sénateur Brotchi préfère renforcer les inégalités sociales, déjà criantes dans l’enseignement secondaire.

 

En effet, les étudiants ne partent pas tous avec les mêmes chances de réussir un tel examen : les étudiants issus de milieux où il est normal de fréquenter les "meilleures" écoles, d’avoir des parents qui ont un diplôme supérieur et qui exercent des métiers valorisés, ont la route déjà tracée pour eux.

 

Pour les autres étudiants, issus d’un milieu modeste, qui n’ont pas de proches ayant réussi des études supérieures et qui ne veulent pas être une charge financière pour leurs parents pendant au moins six ans (dès la rentrée 2011), le parcours s'avère semé d’embûches souvent infranchissables.

 

En envisageant une année de propédeutique pour les étudiants qui auront échoué, le sénateur ne fait que proposer une "voie de garage" pour les étudiants de la première catégorie ayant échoué. Le repêchage se fera à coup de milliers d’euros. Les étudiants, dont les parents ne pourront pas débourser ces sommes, devront quant à eux cumuler les boulots pour financer leurs études et seront donc soumis à des horaires intenables.

 

Quant à l’argument du maintien de la "qualité" de l’enseignement pour justifier l’examen d’entrée, il est tout simplement absurde! La qualité d’un enseignement n’est pas liée au taux d'échec à une épreuve mais plutôt au taux d'encadrement des étudiants, aux méthodes pédagogiques, etc. De fait, cet argument ne sert qu’à justifier l’instauration d’un enseignement supérieur réservé à une élite issue des classes nanties.

 

L’enseignement supérieur de la Communauté française, tel qu’il se structure actuellement, est déjà largement inégalitaire. Plutôt que de vouloir en restreindre encore l’accès, il est urgent de prendre des mesures pour permettre à tous, quel que soit le milieu d’origine, d'accéder et de réussir des études supérieures.

 

Rappelons ainsi la Déclaration de Politique Communautaire qui s'oppose à tout examen d'entrée, y compris à l'examen à l'entrée des études d’ingénieur civil.

 

La démocratisation de l’enseignement supérieur ne passera que par des mesures fortes et ambitieuses!