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La FGTB sort son baromètre socio-économique 2014 et propose des solutions

La FGTB sort son baromètre socio-économique 2014 et propose des solutions

 

Comme chaque année, la FGTB sort son Baromètre socio-économique.

 

Depuis le déclenchement de la crise, la situation sociale s’est fortement dégradée. Le chômage n’est plus simplement endémique mais il est structurel et important, avec, en tout, 665.000 chômeurs indemnisés au dernier trimestre 2013. Inquiétant aussi dans la mesure où il frappe plus durement les jeunes : ils sont 55.000 à risquer l’exclusion à partir du 1er janvier 2015.

 

Le pourcentage de personnes qui vivent dans un ménage dont un des membres a dû reporter ou annuler ses soins de santé pour raisons financières est en constante augmentation (5,10% en 2011 contre 2,50% en 2010). Par contre, la liaison au bien-être des allocations sociales, tant défendue par les syndicats, a contribué à la réduction du risque de pauvreté chez les personnes de 65 ans et plus.
Néanmoins, la Belgique connaît le taux de risque de pauvreté le plus élevé par rapport aux quatre pays voisins.
Les inégalités, elles, se creusent.

 

Pourtant, la Belgique est un pays où il y a de la richesse, mais elle reste mal répartie : 20% des belges les plus riches détiennent 61,2% du patrimoine. Par ailleurs, la fiscalité ne corrige pas assez les inégalités de revenus :

  • La part des salaires dans le PIB par rapport aux revenus du capital a fortement baissé depuis 30 ans ;
  • L’impôt des sociétés et sur les autres revenus mobiliers et du patrimoine ne représentent ensemble que 19,5% des recettes de l’Etat;
  • Le taux d’imposition des sociétés a été réduit d’un tiers en dix ans avec un taux effectif moyen à l’ISOC de 23%.

 

Le retour de la croissance est sans cesse annoncé et repoussé, le PIB belge de 2012 est au même niveau que celui de…2007. Les politiques d’austérité menées ont touché les populations de plein fouet, affaibli les systèmes de protection sociale qui servent aussi d’amortisseur économique, réduit le pouvoir d’achat et, en fin de compte, ont anémié l’économie.

 

Les politiques économiques supposées redynamiser l’appareil productif ont misé sur la concurrence par les coûts en faisant pression sur les salaires, alors qu’en définitive, il n’y a pas d’écart salarial avec les pays voisins si l’on prend en compte, comme il se doit, l’ensemble des subsides salariaux offerts aux entreprises. Là encore, elles n’ont eu pour seul résultat que d’accentuer la spirale vers le bas, pénaliser la demande intérieure au point que l’on évoque aujourd’hui le risque de la déflation.

 

On ne s’est pas attaqué au coeur du problème de cet appareil productif, celui qui est le véritable responsable de la perte de parts de marché de nos entreprises : le sous-investissement dans la recherche & développement (sous la barre des 3% des objectifs européens), dans l’innovation (57% d’exportation de produits haute et moyenne technologie, contre 70% en Allemagne), la formation (1,9% de la masse salariale jamais atteint par les employeurs).

 

De même que l’on tarde trop à prendre le virage du développement durable potentiellement générateur de millions d’emplois mais aussi d’économies d’énergie (l’économie de la Belgique est 26% plus énergivore par rapport à la moyenne européenne et 41% plus énergivore que celle de l’Allemagne). Un virage que la solidarité avec les générations futures nous commande de prendre franchement et rapidement.

 

Pour la FGTB, il faut maintenant investir dans le changement, c’est-à-dire :

  • Renforcer le pouvoir d’achat des travailleurs et des allocataires sociaux en
    • Garantissant le mécanisme d’indexation automatique des salaires ;
    • Maintenant une liberté totale de négociation des salaires ;
    • Faisant marche arrière sur la dégressivité des allocations de chômage ;
    • Supprimant l’écart salarial entre femmes et hommes ;
    • Soutenant les services publics ;
    • Augmentant le régime des pensions.

 

  • Créer des emplois de qualité en
    • Conditionnant toute aide publique à la création d’emplois de qualité ou à l’investissement dans l’entreprise ;
    • Soutenant tout investissement dans l’économie réelle ;
    • Adoptant une feuille de route ambitieuse pour une transition juste vers une société bas carbone ;
    • Absorbant le coût du vieillissement par la création d’emplois durables, de qualité, à haute valeur ajoutée.

 

  • Mettre en place une fiscalité plus juste et plus progressive en
    • Taxant davantage les revenus du capital, moins ceux du travail ;
    • Mettant en place une véritable transparence fiscale par l’échange automatique des données bancaires pour permettre la Global Tax On Web, avec une taxation plus progressive, sur l’ensemble des revenus ;
    • Supprimant les intérêts notionnels.

 

Enfin, la FGTB lance un appel aux employeurs pour stimuler l’économie réelle plutôt que de réclamer la superposition d’avantages fiscaux qui déforcent et l’Etat et le dynamisme de l’économie.

 

Ces propositions constituent les grandes lignes du mémorandum de la FGTB qui sera remis aux partis politiques en vue des prochaines élections.