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La protection sociale pâtit aussi de la crise du coronavirus

La protection sociale pâtit aussi de la crise du coronavirus

 

Durant le week-end de Pâques, le gouvernement a pris un nouvel ensemble de mesures en lien avec le coronavirus. Bien qu’il ait finalement donné suite à la demande des syndicats de geler pour trois mois la diminution des allocations de chômage et la durée des allocations d’insertion pour les chômeurs complets touchés. Chercher du travail dans les circonstances actuelles est en effet très difficile. La flexibilisation unilatérale, sans aucune concertation avec les travailleurs, est par contre un point très lourd à digérer. Ceci met hors-jeu d’importantes règles sociales. Ce faisant, le Gouvernement adopte une série de mesures qui passent outre la concertation sociale au niveau sectoriel. Dès lors, la FGTB, la CSC et la CGSLB demandent que le gouvernement revoie en profondeur ces mesures de flexibilité :

  • Les travailleurs occupés dans les secteurs dits essentiels sont encouragés à prester davantage d’heures supplémentaires encore, jusqu’à 220 heures au-delà de ce qui est déjà autorisé actuellement, sans imposition : ceci, sans aucune préoccupation pour le bien-être des travailleurs, sans aucun droit au repos compensatoire, sans sursalaire, sans respect du plafond européen de 48 heures en moyenne par semaine. Et sans tenir compte du coût pour la collectivité et la sécurité sociale. Et… sans aucune concertation sociale.
  • L’interdiction de mise à disposition est mise de côté – unilatéralement – pour prêter du personnel aux entreprises essentielles: ceci, à nouveau sans concertation sectorielle ou d’entreprise, sans aucune garantie que le salaire restera au minimum garanti et sans aucune garantie d’une protection suffisante dans le nouvel environnement de travail.
  • Les limitations au travail étudiant (contingent de 475 heures par an maximum) sont mises de côté et ce, pour n’importe quelle activité. Ceci au détriment des chômeurs temporaires et complets et au détriment de la sécurité sociale. Alors que pour les étudiants qui ont perdu leur job le mois dernier, aucun filet social n’est prévu.
  • Dans les activités essentielles, sans concertation au niveau de l’entreprise ni encadrement sectoriel, il est maintenant possible de recourir à des contrats temporaires successifs

Entre-temps, côté employeurs, des voix s’élèvent déjà pour élargir les mesures à d’autres secteurs et pour les prolonger de façon durable. 

C’est pourquoi, la FGTB, la CSC et la CGSLB exigent d’enfin parvenir à un équilibre au niveau de la politique de crise, dans le respect des demandes supplémentaires des travailleurs de bénéficier d’une protection contre les risques de santé et d’une protection sociale adéquate, pour aussi bien les chômeurs temporaires, que les chômeurs complets et les malades. Avec une attention particulière pour les travailleurs temporaires et les intérimaires qui perdent leur emploi et pour ceux qui, aujourd’hui, ne peuvent même pas retomber sur la sécurité sociale: les étudiants jobistes, les travailleurs de plateformes numériques, les chômeurs complets qui ne comptent pas suffisamment de jours de travail…