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Nouvelle attaque sur l’index par la BNB: la FGTB outrée

Nouvelle attaque sur l'index par la BNB: la FGTB outrée


La Banque nationale belge a pris l’initiative de réaliser une étude sur les conséquences macro-économiques de l’indexation automatique des salaires. Elle propose désormais des pistes de révision de celle-ci.

 

Rudy De Leeuw, président de la FGTB, et par ailleurs régent de la BNB, prend ses distances. Il ne cautionne ni la commande de cette étude, ni les recommandations qu’elle porte. En outre, la FGTB s’indigne de cette nouvelle attaque de l’actuel système d’indexation des salaires alors que l’accord de gouvernement garantit son maintien.


La finalité de l’étude est manifestement de collecter les arguments en vue de revoir les modalités du système d’indexation actuel. La principale piste retenue est celle qui aligne l’indexation sur l’objectif d’inflation de la Banque centrale européenne, à savoir une inflation de 2% ou moins.


Pour la FGTB, c’est inacceptable. Une telle piste : 

  • impliquerait une rupture radicale par rapport à l’objectif actuel de l’indexation automatique des salaires : le maintien du pouvoir d’achat en indexant les salaires sur la base de l’augmentation réelle des prix (certes, avec une correction sensible parce qu’il n’est pas tenu compte de l’évolution du prix des boissons alcoolisées, du tabac et des carburants via « l’indice-santé ») ;
     
  • constituerait une violation des Conventions collectives de travail en vigueur et ferait immédiatement sauter la paix sociale ; 
     
  • minerait la confiance des travailleurs et, donc, la croissance, déjà extrêmement fragile, de l’économie belge.

    Si, malgré une évolution défavorable du revenu disponible, les consommateurs belges épargnent moins que dans les pays voisins (et dépensent une plus grande partie de leur revenu), c’est précisément parce qu’ils ont confiance en la protection de leur pouvoir d’achat grâce à l’indexation automatique ;
     
  • reviendrait à une attaque contre la solidarité ancrée dans l’actuelle indexation des salaires. Si l’indexation est limitée à 2% ou moins, seuls les travailleurs des secteurs et/ou entreprises forts pourront encore négocier le maintien de leur pouvoir d’achat, les autres devront accepter moins ;
     
  • aurait des conséquences asociales indirectes: dans ce scénario, le gouvernement pourrait augmenter les impôts indirects (TVA) comme il l’entend sans que cela n’influence l’indexation des salaires. Ceci renforcerait l’injustice fiscale puisque les impôts indirects touchent plus lourdement les revenus les plus bas ;
     
  • traduit une forte idéologie libérale : pourquoi des propositions d’adaptations drastiques sont-elles faites à un moment où l’inflation diminue (1,5% pour 2013) et où il est prouvé dans les faits qu’un contrôle plus strict des prix et marges bénéficiaires fonctionne ?
     

Cette étude s’inscrit également dans la vision monétariste conservatrice de la BCE. Or, l’approche purement monétariste de la situation économique par la BCE ne permet pas de s’atteler efficacement à la crise bancaire et aux bulles spéculatives.


Des investissements en infrastructures, R&D et formation des travailleurs, en plus d’un soutien de la demande intérieure européenne (via de meilleurs salaires), sont les seules issues possibles pour parvenir à une croissance durable et pour garantir une transition juste vers le verdissement d’une économie plus innovatrice et des emplois de qualité.