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Pas d'emploi sur une planète morte !

Pas d'emploi sur une planète morte !

 

Du 30 novembre au 12 décembre, se tient à Paris le sommet Climat des Nations Unies (COP21). 6 ans après l’échec de Copenhague, les mêmes enjeux sont sur la table : parvenir à un accord global, ambitieux et contraignant qui permettra de limiter la hausse de la température mondiale à maximum 2°C.


Actuellement, en l’absence de mesures urgentes, les 3500 scientifique rassemblés au sein du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) prédise une augmentation de 4°C, entrainant des catastrophes en cascade incontrôlables : augmentation du niveau de la mer, sécheresses, famines, inondations, migration climatique, augmentation significative des catastrophes naturelles (cyclones, ouragans, typhons, tempêtes,…). Et le phénomène est déjà enclenché. Depuis le milieu du XIXème siècle, la température moyenne mondiale a déjà augmenté de 0,8C.


Les travailleurs et les plus vulnérables, premières victimes des changements climatiques

Les catastrophes naturelles sont déjà en augmentation et touchent les travailleurs et les travailleuses à travers le monde : en 2014, le typhon Haggupit aux Philippines a détruit les sources de revenus de plus de 800.000 personnes, en 2012, l’ouragan Sandy a contraint aux Etats Unis quelques 150.000 personnes à se déplacer et à occasionner, de façon générale, la perte de leur emploi à plus de 11.000 personnes.


Nous avons les capacités d’agir ! Mais :

  1. il faut agir très rapidement, car en émettant toujours autant de CO2 qu’aujourd’hui, il nous reste 6 ans d’émissions si nous voulons rester sous les 1,5° d’augmentation et 21 ans pour rester sous les 2°C ; 
  2. il est indispensable que ces mesures soient assorties de mesures sociales !

Une transformation de nos modes de productions et de consommation doit donc s’opérer pour aller vers un avenir à zéro émission de carbone. Soit elle sera imposée et donc brutale pour le monde du travail, soit elle sera concertée avec les travailleurs, permettant l'intégration sociétale de cette transformation.


Nous savons qu’elle ne sera possible pour nos économies et nos industries qu’en dialoguant avec les travailleurs sur le terrain et pendant l’élaboration des plans nationaux.
 



Les syndicats seront donc à Paris. Pour faire entendre notre voix, pour apporter nos réponses, pour rappeler, encore et encore, que la lutte contre les changements climatiques est un combat social !


Pourquoi les syndicats s’intéressent au climat?

En principe, le climat ne fait pas partie du boulot des syndicats. Pourtant, outre les préoccupations citoyennes partagées par tout un chacun, ils s’y intéressent de près pour de très bonnes raisons, Parmi ces raisons : l’emploi. Il n’y a pas d'emplois sur une planète morte…


Impact positif sur l'emploi

En 2006, le rapport Stern sur l’économie du changement climatique estimait le coût de la non-action entre 5 et 20% du PIB mondial. Ces chiffres sont confirmés dans leurs valeurs hautes. Par contre, les coûts annuels d’une politique de forte réduction des émissions de gaz à effet de serre se limiteraient à environ 1 % du PIB mondial. La Commission européenne estime que le coût de l’inadaptation au changement climatique devrait atteindre au moins 100 milliards d’Euros d’ici à 2020 dans l’Union européenne.


Par contre, l’Organisation internationale du Travail estime que des politiques en faveur de la transition bas carbone ont un impact positif net sur l’emploi. En combinant les mesures environnementales et la croissance économique qui en résulte, les créations nettes d’emplois s’élèveraient à 60 millions dans le monde.


Plus près de chez nous, la Coalition Climat (dont est membre la FGTB) a évalué qu’en investissant dans la rénovation énergétique, les énergies renouvelables, les transports respectueux de l’environnement et un réseau électrique intelligent, 60 000 nouveaux emplois pourraient être créés en Belgique, avec des effets positifs sur la pollution de l’air et la dépendance aux énergies fossiles importées.


Une transition juste

Il est donc grand temps de prendre le grand virage vers une économie bas carbone et de lancer une troisième révolution industrielle européenne, basée sur des emplois verts, durables et décents. De faire des investissements massifs dans les technologies à faibles émissions de carbone ; de développer des emplois nouveaux mais aussi assurer la transformation des emplois existants. Mais pour les syndicats, et la FGTB, cette transition doit être « juste ».


La transition doit aussi protéger les travailleurs les plus vulnérables, par une sécurité sociale forte et une politique active du marché de l’emploi. Elle doit mieux intégrer la dimension sociale dans les politiques européennes, contribuant ainsi au développement de stratégies industrielles bas carbone.


Elle doit aussi être démocratique, c’est-à-dire impliquer davantage les interlocuteurs sociaux pour définir et contribuer au développement de stratégies bas carbone. 


Nous porterons à Paris trois messages :

  • L’accord de Paris doit veiller à ce que les gouvernements prennent des mesures concrètes pour réduire les émissions de carbone afin de contenir le réchauffement global à 2°C. Les gouvernements doivent également approuver un mécanisme solide de réexamen périodique permettant d’élever l’ambition au fil du temps. 
  • L’accord de Paris doit indiquer clairement comment les pays développés vont tenir leur engagement de mobiliser 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 afin de garantir des ressources suffisantes pour les pays en développement dans la mutation vers un monde bas carbone. L’accord devrait également définir les possibilités d’augmenter cette somme après 2020.
  • L’accord de Paris doit comporter un engagement concret et opérationnel en faveur de mesures de « Transition Juste » vers une société bas carbone. Elément essentiel pour relever le défi de la transformation du travail dans tous les secteurs, en particulier en ce qui concerne les emplois et le revenu des personnes qui travaillent dans des branches d’activité à forte émission de carbone.