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Projet d'Accord interprofessionnel: suite

Projet d'Accord interprofessionnel: suite

 

La FGTB prend acte de ce que les employeurs ne souhaitent pas rouvrir les négociations en vue de trouver un compromis sur base du projet de conciliation déposé par le Gouvernement qui, bien qu’insuffisant, contient indubitablement des avancées.

La FGTB ne pourra avaliser la proposition de conciliation du Gouvernement telle quelle. En effet, les travailleurs restent sur leur faim en ce qui concerne :

  • l’impossibilité pour les secteurs qui renouent avec les bénéfices de négocier une marge au-delà des 0,3% prévus;
  • le manque d’effort fait par les employeurs en ce qui concerne le montant du salaire minimum (1.250 €/mois !) et l’amélioration des préavis des travailleurs, qui seraient désormais à charge de la collectivité;
  • la possibilité pour les employeurs de pratiquer une flexibilité accrue (mesures de crise rendues structurelles sans contrepartie) ;
  • vu la charge qui pèse sur la collectivité, les potentielles répercutions négatives de ces mesures sur la qualité et l’accessibilité des services publics ;
  • l’absence d’harmonisation vers le haut des statuts entre ouvriers et employés.

Au niveau national -outre une attitude rigide et arrogante des employeurs étant donné les réalités auxquelles doivent faire face nombre de travailleurs qui ont déjà durement payé la crise- l’inquiétude est d’autant plus grande que les discussions sur le plan institutionnel ne laissent rien présager de bon. On pense en particulier à la remise en cause du caractère fédéral de la sécurité sociale, qui est inacceptable.

La FGTB est aussi extrêmement préoccupée et restera très vigilante sur la façon dont le vent tourne au niveau de la Commission européenne et sur le positionnement de la France, du Royaume-Uni et de l’Allemagne autour du Pacte de compétitivité. Parallèlement aux différentes poussées nationalistes observées, c’est un vent de libéralisme acerbe qui souffle sur l’ensemble de l’Europe, avec ses règles désormais connues de socialisations des pertes et privatisations des bénéfices. C’est un modèle de société d’où le social est le grand absent et où règnent en maître les individualismes de tout poil. Ainsi, le syndicat s’oppose catégoriquement à ce que l’on puisse d’une façon ou d’une autre porter atteinte à notre système d’indexation des salaires, qui maintient un certain pouvoir d’achat, a fortiori pour les plus fragiles, et permet de faire tourner notre économie. La FGTB condamne tout aussi fermement toute velléité de relèvement de l’âge de la pension.

C’est la raison pour laquelle la journée d’action nationale, déjà évoquée, est maintenue le 4 mars prochain. Elle pourra prendre la forme de 24h de grève selon les modalités décidées au sein des secteurs et des entreprises.