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Sommet européen des 24 & 25 mars : oui à une Europe sociale et solidaire, non au Pacte d’austéri

Sommet européen des 24 & 25 mars : oui à une Europe sociale et solidaire, non au Pacte d'austérité

Le 4 mars dernier, la FGTB s’est mobilisée contre le blocage des salaires et pour le renforcement de la protection sociale en cas de licenciement en Belgique.
Elle a aussi exprimé la grande inquiétude des travailleurs face aux velléités de remise en cause de l’indexation automatique des salaires et de relèvement de l’âge de la pension au niveau européen.

 

Aujourd’hui, l’inquiétude demeure et l’heure est grave.

 

La droite européenne a mis la « gouvernance économique » au menu du Conseil de l’Europe des 24 et 25 mars prochain. Elle entend conditionner son aide aux Etats membres en difficulté à des plans drastiques d’austérité et de recul social au sein de ceux-ci.

 

Pour la FGTB, il est inacceptable que l’on touche à la solidarité interpersonnelle au sein des Etats sous le prétexte de renforcer la solidarité entre Etats membres : les travailleurs ne payeront pas pour permettre le « business as usual » des Financiers qui plonge les Etats dans le rouge.

 

Au menu du régime proposé par le duo franco-allemand on trouve la remise en cause de l’indexation automatique des salaires, le relèvement de l’âge de la retraite vu l’espérance de vie, l’inscription (dans la constitution des états membres) d’un plafond maximal de dette publique.

 

La proposition Barroso-Van Rompuy qui a suivi n’a rien pour nous rassurer, elle:

  • imagine une Loi de 96 au niveau européen. Ainsi, le coût du travail par unité produite prévaudra comme indicateur en vue de la formation des salaires, sans garantie de maintien de l’index. En outre, les salaires sont à nouveau pointés comme seuls éléments de perte de compétitivité ;
  • cible les salaires du secteur public ;
  • prévoit davantage de flexicurité et moins de protection sociale ;
  • fait l’impasse sur une véritable harmonisation de l’ISOC avec un seuil minimum d’impôt pour éviter la concurrence fiscale ;
  • confirme le relèvement de l’âge des retraites vu l’espérance de vie et le démantèlement des systèmes de prépension ;
  • veut mettre un frein à la dette des Etats (quid des nécessaires investissements publics en matière d’infrastructures ferroviaires ou autres ?).

 

Pour la FGTB, il est urgent de construire une autre Europe où:

  • la gouvernance économique et la politique monétaire privilégient une croissance durable, des emplois de qualité et des services publics renforcés;
  • l’on met en place l’harmonisation de la fiscalité (notamment en taxant correctement les bénéfices) et de l’impôt des sociétés ; la taxation des transactions financières ; le renforcement de la directive épargne (pour mieux prévenir l’évasion fiscale) ; la fin du secret bancaire, le contrôle public des agences de notation ; le développement de banques publiques ;
  • la capacité budgétaire européenne est renforcée, notamment pour relancer l’économie à travers l’émission d’obligations européennes (Eurobonds) ;
  • l’on régule les marchés financiers, à l’origine de la crise ;
  • l’on renforce la solidarité entre Etats.

 

Le 24 mars, les militants de la FGTB seront présents à Bruxelles, au sein de la CES, et occuperont la rue de la Loi de 10h30 à 14h pour exprimer leur colère et leur opposition à ce modèle européen du tout au profit qui s’apprête à laisser à nouveau bon nombre de travailleurs sur le carreau, en accentuant encore davantage les inégalités sociales (voir tract en annexe).

 

Plus tôt dans la matinée, à 8h, avant de rejoindre la rue de la Loi, différents groupe de travailleurs de la FGTB partiront (points de départ encore à confirmer) de la gare du Midi, du Boulevard Albert II, de la Place Meiser & du Rond-point Montgomery pour se rendre, dans le même temps, et respectivement, au siège d’Electrabel-Suez, à la Banque nationale de Belgique et à Business Europe. (Plan)

 

Au départ de quatre points de rassemblement, des cortèges seront formés pour se rendre vers ces trois destinations symboliques où des prises de paroles se tiendront (sur l’absence de régulation du prix des produits énergétiques et l’intérêt des énergies renouvelables devant Electrabel ; sur les déclarations de monsieur Trichet et l’absence de régulation des marchés financiers devant la BNB ; sur la compétitivité des entreprises, la modération salariale et la mise à mal des systèmes de protection sociale devant Business Europe).