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Un impôt sur la fortune ? Pour la FGTB il est temps que les choses changent !

Un impôt sur la fortune ? Pour la FGTB il est temps que les choses changent !

Le Capital se met à trembler. La FGTB, la gauche et de plus en plus d’associations de terrain exigent la mise en place d’un impôt sur la fortune.

Durant cette crise, les pouvoirs publics ont été amenés à combler les trous budgétaires créés par la droite afin de financer une partie du programme de lutte contre la propagation du Coronavirus et de prendre les mesures sanitaires qui s’imposaient.

Cet argent emprunté devra un jour être remboursé. Pour la FGTB, il est inacceptable que les travailleurs paient le prix de cette gestion de la crise. Il est temps de mettre en place une réforme fiscale d’envergure qui soulage les épaules les plus fragiles en déplaçant l’essentiel de la charge sur les épaules les plus robustes. Ces larges épaules, ce sont celles des grosses fortunes quasiment pas ou très peu taxées en Belgique.

En effet, la fiscalité belge est plus qu’attractive pour les plus riches : pas d’impôt sur la fortune, droits de donation relativement faibles. Sans oublier les nombreux avantages pour les revenus du Capital : loyers non-imposés, taxation unique des revenus fonciers (sur base du revenu que produirait le bien en un an), plus-values sur actions non-imposés, …

Un système fiscal injuste !

Aujourd’hui, le système fiscal est marqué par une profonde injustice. Les contribuables aux reins les plus solides (grosses fortunes, gros actionnaires et grandes entreprises) ne paient pas ou trop peu d’impôts alors que les travailleurs qui n’ont pour seule source de revenus le fruit de leur travail, eux, passent à la caisse. En outre, ces contribuables usent et abusent de nombreux subterfuges et de malice pour éviter de participer cor­rectement aux mécanismes de solidarité en s’engouffrant dans les failles légales que le Gouvernement se garde bien de combler. Ceux-là mêmes qui refusent obstinément de contribuer normalement au vivre-ensemble, mais qui dans le même temps bénéficient des outils publics au même titre que l’ensemble des citoyens (crèches, écoles, hôpitaux, politiques de soins de santé, etc…).

Cette injustice, au lieu d’être combattue, a malheureusement été renforcée par des po­litiques fiscales socialement injustes. Le « tax-shift », mis en place par le Gouvernement Michel, a favorisé les plus nantis en accordant des réductions de cotisations patronales aux grandes entreprises, oubliant les allocataires sociaux et les bas revenus pour qui le tax-shift aura été synonyme d’une perte conséquente du pouvoir d’achat.

Le tax-shift a surtout été une opération visant à octroyer de nouveaux cadeaux aux entre­prises sur le dos des travailleurs et de la majorité des citoyens. Avec ce « glissement » fiscal, les travailleurs et les citoyens ont vu leurs factures augmenter et dans le même temps la compensation financière escomptée ne s’est pas montrée à la hauteur

Il est temps que les choses changent !

Comme l’indique l’économiste Thomas Piketty, depuis les années 70’, les politiques fiscales mises en œuvre en Belgique et en Europe favorisent l’accumulation de richesses. Ainsi, la progressivité de l’impôt, c’est-à-dire un impôt dont le taux est plus élevé pour les plus riches et moins élevé pour les plus faibles, a diminué favorisant les plus aisés. Pour la FGTB, il est essentiel de rétablir cette progressivité de l’impôt.

Des exemples inspirants : petit tour d’horizon  

La Belgique n’est pas le seul pays à songer à mettre à contribution les grosses fortunes. En effet, en Argentine, la gauche, a déposé une proposition de loi visant à instaurer un impôt exceptionnel sur les grandes fortunes. L’objectif de la proposition vise explicitement à financer une partie du programme de lutte contre le coronavirus, à acheter du matériel médical et de la nourriture pour les plus vulnérables.

En Europe certains pays ont déjà établi un impôt sur la fortune. La Suisse, l’Espagne ou encore la Norvège connaissent un système de mise à contribution des grosses fortunes. Jusqu’il y a peu, la France avait également un système d’impôt sur la fortune (ISF), pour lequel des voix toujours plus nombreuses s’élèvent et réclament son rétablissement.

Ce n’est pas tout !

Ce n’est pas tout ! En plus d’un impôt sur la fortune et le patrimoine, la FGTB a proposé une vaste réforme fiscale visant non pas à taxer plus mais à taxer mieux. A cet égard la FGTB propose un véritable glissement fiscal, un « social shift » :

  • La globalisation de l’impôt et l’égalité d’imposition ;
  • La transparence des sources de revenus via un « Global tax-on-web » ;
  • Un impôt sur les fortunes et sur le capital ;
  • Un impôt des personnes physiques (IPP) plus progressif et global ;
  • L’augmentation de la quotité exemptée pour les bas et moyens revenus ;
  • L’augmentation des tranches d’impôts pour les hauts revenus ;
  • Un moratoire sur l’octroi de nouveaux avantages en nature ;
  • L’introduction d’une cotisation sociale généralisée.