Retour

Votre sécurité sociale en danger

Votre sécurité sociale en danger

 

Votre sécurité sociale en danger. C’est le titre du livre de Jef Maes, directeur du département social de la FGTB. L’ouvrage est un rapport piquant et pointu sur l’histoire et le futur de notre système de sécurité sociale.

 

La sécurité sociale à un tournant

 

La sécurité sociale arrive à un tournant, selon Jef Maes, qui souffle quelques propositions en vue d’améliorations et d’économies. “Le budget annuel de l’Etat souffre d’un déficit annuel de 20 milliards d’euros, la spéculation des banques favorise l’augmentation du chômage, tandis que le vieillissement de la population est à nos portes. L’édifice que représente la sécurité sociale fédérale, la cathédrale du mouvement ouvrier, doit rester debout pour tenir tête aux incertitudes de la vie, tels le chômage ou la maladie. Sans notre sécurité sociale, 44% des Belges seraient pauvres. Ils sont 15% aujourd’hui. Ce qui reste, naturellement, beaucoup trop."



“Nous devrons faire face à des temps difficiles, prédit Jef Maes. Mais rien n’est impossible. C’est une question de choix sociétal. Ce choix devra être fait par le prochain gouvernement fédéral." Et ces choix ne devront pas mener à un bain de sang social.

 

Maes se demande notamment pourquoi la sécurité sociale subsidie des sportifs professionnels (pourtant bien payés). “Boussoufa, Defour, Vargas, … Le montant de leurs cotisations sociales se fait sur base du salaire minimum. Ils cotisent peu mais leur couverture sociale est complète (soins de santé, allocations familiales) ou en tout cas plus que proportionnelle (pension, allocation de maladie). A cela, vient évidemment s’ajouter une assurance privée."

 

La scission de la sécu: une solution couteuse

 

Pour Jef Maes, la scission de la sécurité sociale est une mauvaise idée. Chiffres à l’appui, il indique par ailleurs que l’ampleur des transferts n’est pas aussi élevée que dans d’autres Etats fédéraux. En effet, dans de nombreux pays européens, la solidarité entre les régions est bien plus importante.

 

En outre, Maes rappelle que le flux des transferts peut s’inverser. “Les effets du vieillissement seront davantage ressentis en Flandre qu’en Wallonie et à Bruxelles. En 2050, il y aura en Flandre un peu moins de deux actifs pour une personne de + 65 ans. Dans les deux autres régions, il y aura proportionnellement moins de pensionnés. Aujourd’hui, les dépenses en matière de pensions sont déjà proportionnellement un peu plus importantes en Flandre. Cette évolution devrait se poursuivre car les salaires y sont actuellement légèrement plus élevés. En ce qui concerne les dépenses moyennes pour les soins de santé, la Flandre a rattrapé et même dépassé la Wallonie et Bruxelles. En raison d’un taux d’emploi et d’un revenu moyen plus élevés, seules les recettes y sont actuellement plus importantes. Mais cette situation peut à nouveau changer demain. Ce qui est une bonne chose : plus le territoire sur lequel la solidarité est répartie est grand, plus il est facile de faire face à des revirements de situation."

 

Retenons cette leçon : la sécurité sociale est assise sur la solidarité interpersonnelle. Les personnes en bonne santé paient pour les malades, les hauts salaires pour les bas salaires, ceux qui ont la chance de travailler pour ceux qui ont perdu leur emploi. Et le jour où nous en aurons besoin, nous aussi pourrons faire appel à notre système social. Cela n’a pas de sens de considérer les flux de solidarité sous l’angle régional. Les chiffres le prouvent : les transferts entre les personnes peu et très qualifiées sont cinq fois plus importants qu’entre régions. Les transferts entre les 20% les plus riches et les 20% les plus pauvres sont, eux, dix fois supérieurs.