La FGTB rencontre les partis sur la question de la mise en concurrence des travailleurs

La FGTB rencontre les partis sur la question de la mise en concurrence des travailleurs

Ce lundi 18 mars, 120 militants de la FGTB se sont rendus au Parlement afin d’interpeller les parlementaires et de leur rapporter les conséquences néfastes qu’engendrent les pratiques de dumùping social dans leurs sceteurs. Les délégués ont ainsi pu échanger avec les partis de l’opposition représentés par Frédéric Daerden (PS) Georges Gilkinet (Ecolo), Marco Van Hees (PTB), Monica De Coninck (SPa), Evita Willaert (Groen), ainsi qu’un représentant du MR, Georges-Louis Bouchez, arrivé en toute fin de débat.

Mise en concurrence des travailleurs

Le phénomène et les ravages du dumping social sont sans cesse grandissant. La Belgique est le 3ème pays d’Europe en terme de détachement des travailleurs. Ce phénomène, dont aucun travailleur ne ressort gagnant ne profite qu’aux patrons qui d’un côté confisquent le travail aux travailleurs nationaux et de l’autre exploitent les travailleurs venus de l’étranger : horaires sans fin, salaires de misère et conditions de vie indécentes.

Pour mettre fin à cette situation, la FGTB plaide pour l’adoption d’une véritable loi anti-dumping social, contenant les mesures suivantes :

  • encadrer et rendre transparente la sous-traitance ;
  • rendre obligatoire un enregistrement officiel sur les chantiers, indépendamment de leur ampleur ;
  • lutter contre les « entreprises boîtes aux lettres » ;
  • lutter contre les constructions économiques frauduleuses ;
  • lutter contre les faux indépendants ;
  • renforcer les services d'inspection et appliquer de véritables sanctions.

Avec cette proposition précise, nous souhaitons une loi qui soit réellement efficace pour faire face à ce phénomène.

Témoignages

Plusieurs témoignages ont illustré le débat, notamment celui de John Reynaert, secrétaire fédéral de l’UBT sur le secteur du transport : « De nombreux transporteurs belges ont créé des firmes boîtes aux lettres, notamment en Slovaquie. Ils obligent leurs chauffeurs des pays d’Europe de l’Est à rouler et vivre pendant plusieurs mois dans leur camion en Belgique dans des conditions inhumaines. »

Brahim Hilami, secrétaire fédéral dans le secteur de la construction : « Sur 320.000 travailleurs de la construction en Belgique, 32% du total des travailleurs de la construction sont des travailleurs détachés : environ 75.000 travailleurs détachés réguliers et 25.000 faux-indépendants. Pour les travailleurs détachés, il n’y a pas de limites au niveau des heures de travail. »

Jan Meeuwens, secrétaire fédéral du SETCa, a également apporté son témoignage sur la pratique du dumping dans les call-centers.

La réponse des partis

Globalement, tous les partis présents ont salué la qualité des enquêtes et des témoignages fournis par la FGTB, ce qui a permis de leur apporter un éclairage supplémentaire. Chacun des représentants a admis que la question du dumping social était problématique.

Pour le PS, « il y a moyen de prendre des actions au niveau local, régional et fédéral. Il y a beaucoup à faire au niveau de l’Europe mais nous devons prendre nos responsabilités en Belgique. » Le PS a évoqué l’idée de prendre en considération plusieurs critères lors de l’attribution des marchés publics, tels qu’une clause sociale et une clause environnementale, alors qu’aujourd’hui le seul critère du prix compte.

Même son de cloche du côté d’Ecolo : « Il faut pouvoir avancer au niveau belge et nous voulons des clauses sociales et environnementales dans les cahiers des charge des marchés publics. Les entreprises doivent s’engager à respecter leurs travailleurs. »

Du côté du PTB, on mise sur « la tolérance zéro ». Leur principe de base s’appuie sur l’idée que chaque travailleur doit pouvoir bénéficier des conditions de salaire et de travail du pays dans lequel celui-ci travaille.

Pour le MR par contre, le dumping social se déconstruit grâce à plus de convergence sociale et fiscale en Europe. « Les pays sont concurrentiels entre eux par nature, que ce soit au sein de l’Union européenne ou en dehors. Les niveaux de vie doivent s’élever dans les autres pays. C’est la seule manière de combattre le dumping social. »